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L’argent fait le malheur février 5, 2008

Posted by natacha34 in Argent, Drame, famille.
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Les Lavigueur, vraie ou fausse, l’histoire est pathétique. Une famille se déchire. Vraie ou fausse, l’histoire se répète dès qu’il est question d’argent.Succession, divorce, gros lot, prêt, don, salaire, cadeau ; l’envie et le désir de justice prennent d’assaut les protagonistes de l’épopée.J’ai une amie dont la mère a été jetée à la porte par les enfants de son conjoint, sans rien, après qu’il fût décédé sans testament. Des enfants, dont elle avait pris soin pendant plus de 12 ans.J’ai une cousine qui se bat avec la famille de son conjoint, qui s’est suicidé deux jours après qu’elle l’ait quitté. Elle veut simplement vendre la maison et récupérer la part qui lui revient.J’ai un père, mort sans testament. Ici aucun déchirement sur la place publique, aucun réel drame, j’ai toujours dit que je ne me battrais jamais pour l’argent. Mais parfois un questionnement sur les volontés de mon père versus la réalité légale d’un décès sans testament.J’ai des amis qui s’inquiètent de leur avenir, qui pensent quotidiennement à leur problème d’argent, qui investissent dans leur REER et qui jugent mon style de vie totalement différent. J’avoue que je juge le leur avec autant d’ardeur.L’argent est un sujet tabou. L’argent est sale. L’argent se gagne durement. L’argent se mérite. L’argent apporte la sécurité à certains et l’angoisse à d’autres.Je ne serai jamais riche, à moins de gagner le gros lot. Je ne serai jamais riche, je ne joue pas à la loto. L’argent s’échappe de mon compte en banque avec facilité. Si j’étais riche, je donnerais à tous ceux que j’aime autour de moi. Si j’étais riche, je resterais simple et je n’aurais pas plus le goût du luxe. Si j’étais riche, je continuerais à travailler, en faisant quelque chose que j’aime.Facile à dire les poches vides. Si j’étais riche, je serais confrontée à une nouvelle réalité qui révélerait sans doute une facette de moi que je ne connais pas encore.

L’envers de la déprime en vers janvier 30, 2008

Posted by natacha34 in Colère, Drame, Je suis écrivaine, poésie.
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Il me faut sans tarder trouver un stratagème pour ne plus sombrer. Ne plus laisser la colère, la rage et l’impuissance sur moi déferler. Ne plus sentir mon corps, puis mon âme dans de douloureux doutes s’enliser.

Il me faut réinventer mon existence, tolérer ses souffrances et ne plus permettre à la peur de me guider.  Me libérer d’un passé qui, à mon avenir, tente de s’accrocher.

Il me faut agir, ne pas consentir le droit à autrui de démolir. Rire du tourbillon infernal de la vie sans le haïr. Jouïr d’une entière liberté et par amour de moi-même m’épanouir.

Il me faut s’il le faut tenir un discours et m’y tenir. Ne plus craindre les autres ou mon étoile se ternir. Faire confiance à mes choix et faire valoir mon droit à l’avenir.

Il me faut pour ma gouverne intervenir. Dans ma tête sereine, le calme et l’estime lire. L’incessant bourdonnement de mes incertitudes, je puisse contenir.

De mes mains qui prennent ma tête pour arrêter le martèlement de mes tempes, de mon torse comprimé qui étouffe ma respiration, de la crampe au coeur qui me nargue, des larmes toujours prêtes à se laisser glisser sur mes joues, de mon désir de me retrouver seule qui ne demande qu’à se faire enlacer, de mon sourire le matin qui veut par son courage tout balayer, de mon corps, mon coeur, mon esprit, ma raison et mon âme,  j’implore la vie à devenir mon allié.

TROP PLEIN…Désolée! janvier 7, 2008

Posted by natacha34 in Argent, Colère, Drame, Ma vie à moi, amour, famille.
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Si je ne me retenais pas aujourd’hui, je sombrerais dans une période où j’en voudrais beaucoup à la vie et à certaines personnes, où je commencerais à douter de la sincérité des gens qui m’entourent et qui m’aiment et où je refuserais de voir les bons côtés pour ne voir que les malheurs qui s’abattent sur moi.

Comme le dit Luc De Larochelièrre dans une chanson: MON DIEU PROMET MOI QUE L’ENFER EXISTE – Six pieds sur terre il y a  trop de salaud et quand ils meurent il en nait aussitôt. Six pieds sur terre il y a trop de crétins qui nous assomment juste pour se faire la main. Six pieds sur terre il y a trop de bourreaux qui assassinent comme on fait un boulot.

J’ai passé 13 ans avec le père de mes enfants…Il y a eu des bons moments, des moins bons. Je ne peux pas croire que les choses se passent ainsi entre deux personnes quand l’amour s’éteint.

Je ne peux pas croire qu’il ne fera pas un lâcher prise…même après presque trois ans. Il ira jusqu’au bout de sa colère, de sa peine et de sa frustration, même s’il heurte ses enfants au passage.

Je l’ai quitté parce que je ne l’aimais plus…Je commence à le haïr…

Vraiment aidez les autres décembre 7, 2007

Posted by natacha34 in Drame, cinéma.
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Hier, confortablement installée sur le sofa, je suis devenue inconfortable en visionnant le film: “Reigne sur moi”.

Au-delà de l’horreur du drame vécu par l’homme qui perd sa femme et ses trois filles dans les attentats du 11 septembre, il y a l’idée des uns sur comment aider les autres.

Charlie a trouvé un monde où il est possible pour lui de survivre, malgré les images du passé qui l’assaille. Son monde n’est pas la norme socialement, mais il s’y sent bien, il s’y réfugie et il y trouve une certaine quiétude.

Sa propriétaire et l’administrateur de sa fortune le protègent et ont décidé, après des tentatives infructueuses, de le laisser mener sa vie comme il le désire.

Ses beaux-parents pensent qu’il devrait se faire soigner, qu’il devrait les cotôyer, parler de sa femme et de ses filles disparues, les revoir en photos. Ils le harcèlent et ne respectent pas son choix de s’isoler avec sa douleur.

Un ancien ami de l’université entre tranquillement dans son monde, l’apprivoise puis à son tour ressent le besoin de le ramener dans la “vraie vie”.

J’imagine que chaque personne qui regarde ce film accroche sur quelque chose. De mon côté, j’ai ressenti un malaise à voir ces gens, vouloir à tout prix aider quelqu’un qui ne demande pas d’aide. De voir que leur besoin de le voir réintégrer le monde est égoïste.

La scène dans le tribunal, quand l’avocat dépose une photo de sa famille devant lui est cruelle. Les humains sont parfois totalement insensibles à la détresse d’autrui.

Le film ne se termine pas sur un “happy ending”…Au plus, nous pouvons sentie qu’il se sortira lentement de cette noirceur en étant malgré tout jamais le même.

Bouleversant.

Les carences affectives entraînent le dérèglement de nos sentiments novembre 27, 2007

Posted by natacha34 in Drame, Ma vie à moi, famille.
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26 novembre 2007 – Audition à la cour pour des mesures provisoires en attendant mon divorce.

Chaque 60 secondes passées au palais de justice a été pour moi, seconde par seconde, une minute pour me rendre compte du résultat de ma carence affective.

Fallait-il que je manque à ce point d’amour? fallait-il que j’aie si peu d’estime de moi? Fallait-il que mes bases, mes valeurs soient si fragiles?  pour que je crois savoir reconnaître l’amour et pour penser faire un bon choix.

Je ne pouvais reconnaître l’amour.  Je n’avais jamais ressenti celle de mon père et je me jetais dans les bras du premier garçon qui me disait que j’étais belle. Il voulait mon cul, je pensais qu’il me donnait un peu d’amour. En bout de ligne, j’étais déçue et j’avais honte de m’être donnée sans recevoir.

Par orgueil, pour ne pas admettre que je m’étais trompée, pour ne pas faire comme tout le monde et me séparer avec trois enfants en bas âge, j’ai tenté de mon convaincre que j’avais la vie que je m’étais choisie et que je méritais.

Ma petite voix intérieure revenait souvent me parler.

Je n’étais pas avec quelqu’un qui me respectait, je n’étais pas avec quelqu’un dont je pouvais être fière, je n’étais pas avec quelqu’un qui me comprenait, je n’étais pas avec quelqu’un qui attendait la même chose de la vie que moi, je n’étais pas avec quelqu’un qui était mon égal, je n’étais pas avec quelqu’un qui me faisait avancer.

 Je faisais taire ma petite voix.

J’étouffais, mais je me refusais à l’admettre.  J’étais épuisée, je souffrais de déprimes chroniques, ma consommation de drogue devenait excessive,

Mais je m’entêtais encore.

Si j’avais écouté ma petite voix intérieure, si je ne m’étais pas jetée, tête baissée, dans le mariage et la maternité après seulement six mois, je n’en serais pas là.

Par contre, il y a des choses que l’on ne regretteras jamais, parce que c’est tout simplement impossible, par amour pour nos enfants.

J’ai commencé à me rendre à l’évidence un peu avant la naissance de mon fils, en 1999.

Je me voyais, mère de trois enfants à 26 ans et je me sentais les ailes coupées.

Je me voyais mariée à un homme dont j’avais souvent honte, mais je culpabilisais encore et je me disais que c’était moi la fautive.

En 2000, un ami m’a ouvert les yeux sur mon droit au bonheur et sur ma valeur.

Je n’étais pas soudainement quelqu’un d’autre, je me permettais simplement d’être moi, de plus en plus.

Il m’a fallu encore 5 ans, la mort de mon père et la rencontre de la personne qui m’a guidé vers l’amour réel avant que je réagisse, que je quitte et que je devienne la Natacha qui sommeillait en moi.

J’y suis arrivée, probablement plus tard que bien des gens, à 34 ans, mais peut-être aussi “plus mieux”, parce que le chemin a été long et ardu.

L’argent sujet à haut risque! novembre 23, 2007

Posted by natacha34 in Argent, Drame, Ma vie à moi, Quotidien, famille.
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L’argent…Pourquoi je n’arrive pas à parler d’argent…

Une seule réponse plausible…Je ne veux pas décevoir mon père !

PETITE VOIX INTÉRIEURE: Putain, Natacha, lève la tête et fonce…Tu as bientôt 35 ans et ton père est mort depuis deux ans.

NATACHA: Oui, mais je n’y arrive pas, mon père a réussi à me faire sentir minable, il a réussi à me faire croire que je n’étais bonne à rien, réussi à me convaincre que je ne serais jamais responsable.

PETITE VOIX INTÉRIEURE: Natacha, tu es ridicule, tu as à tes côtés un homme qui t’aime, qui ne demande qu’à t’aider et qui en échange ne veut qu’une chose…L’honnêteté.

NATACHA: Je sais, je sais, je me sens d’autant plus coupable, plus minable et je perds mes moyens. Je reproduis le “pattern paternel”. J’ai le sentiment que je vais décevoir. Pour ne pas perdre la face, j’arrange la vérité et au bout du compte, je perds encore plus, parce que je suis démasquée.

PETITE VOIX INTÉRIEURE: Natacha, ton père t’aimait, il te le montrait mal, il  était dur avec toi, mais il ne voulait que ton bien. Il faut que tu le comprennes et que tu pardonnes. Tu étais son miroir et le reflet lui faisait mal. Il voulait t’épargner. Il voulait te casser pour que tu ne souffres pas comme lui, mais il t’a fait souffrir et t’as enlevé ton estime de toi au passage. Mais c’est fini Natacha. Les gens autour de toi reconnaissent tes qualités, ton amoureux est fier de toi, il t’aime profondément et te le démontre sans gêne. Tu as fait ton chemin, tu en as bavé, tu as dû demander souvent de l’aide, mais tu as toujours avancé. Tu dois te regarder et être fière de toi.

NATACHA: Je sais, je sais. J’ai fait un grand bout de chemin vers la confiance en moi et l’acceptation de ma relation père/fille. Mais l’argent est encore un sujet épineux. Celui qui a toujours été compliqué, celui où je me suis toujours sentie jugée par mon père. Celui où, tête forte, j’ai voulu faire à ma tête, mais en ayant souvent besoin de ce père à qui je voulais quand même prouver que je pouvais y arriver seule.

PETITE VOIX INTÉRIEURE: Alors, voilà, tu as ta réponse, la voie de la guérison. Il te faut admettre, devant les gens qui comptent pour toi, que tu n’y arrives pas, que tu es faible et que tu as des problèmes à régler avec la gestion d’un budget équilibré. Il te faut demander de l’aide et écouter les conseils et faire la paix avec ton père.

NATACHA: Oui, oui, je suis d’accord. C’est sûrement la solution. J’ai tellement peur de ne plus être aimée, de décevoir, de ne pas être à la hauteur. Faire la paix avec mon père? Je voudrais bien, mais il est mort avant que nous ayons pu nous expliquer calmement. Tout ce que j’ai fait, c’est de lui lancer toute ma colère, au téléphone, pour me libérer un peu. Il était tellement choqué qu’il se défendait, niait et m’accusait même d’être responsable. Faire la paix avec mon père? La vie est vraiment une salope!

PETITE VOIX INTÉRIEURE: Ok, ok, il faut que tu restes calme. Respires lentement et profondément. Ton père t’aimait Natacha. Il était fier de toi, à bien de égards, mais il était trop mal lui-même pour te le dire avec amour. Va en paix Natacha, continue ta vie, tu es une femme extraordinaire à bien des égards…Comme le dis ton amoureux, il ne reste qu’un peu de finition.

NATACHA: À mon amoureux, à ma mère et à tous mes lecteurs, je me confesse. Je suis nulle pour gérer mon argent, je suis irresponsable et j’ai besoin d’aide.

PETITE VOIX INTÉRIEURE: Bravo Natacha, comme il faut garder une dose d’humour et de légèreté, je te dirai qu’un peu plus on dirait une alcoolique. Allez, passe une belle journée….24 heures à la fois.

Un accident qui me permet de discuter de l’inutilité et du danger de la violence et de l’insouciance novembre 13, 2007

Posted by natacha34 in Drame, Opinion.
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  • Un petit garçon meurt d’un coup de poing dans une querelle de récréation dans une école primaire.
  • Une petite fille meurt, écrasée sous une voiture conduite par un jeune “on top of the world“.

Deux faits divers troublant, qui soulèvent de vives réactions et qui nous permettent de discuter de l’inutilité et du danger de la violence et de l’insouciance avec nos enfants.

Hier, mon fils de huit ans a abordé le sujet après avoir entendu la nouvelle à la radio. Je lui ai dit que c’était une bien triste histoire, que la petite fille ne voulait certainement pas tuer le petit garçon. Mais que nous ne devrions jamais utiliser la violence pour se défendre.

J’ai pu lui dire que le coup de pied donné à un ami ou à sa soeur peut sembler innofensif, mais que la violence est toujours grave.

Je nage à contrecourant puisque son père a banalisé la violence en se jetant sur mon chum, devant son fils cet été et qu’il ne s’est aucunement repenti.

À ma fille de 14 ans (et à mon chum et moi au cas où nous l’oublierions parfois), j’ai parlé de l’insouciance, du sentiment que les drames n’arrivent qu’aux autres et de la nécessité de toujours réfléchir aux conséquences de nos actes.

Qui n’a pas déjà fait de folies au volant? Qui n’a pas déjà enfreint quelques règles? Que celui qui n’a jamais conduit dangereusement se lève. Qu’il condamne ce jeune homme de 17 ans qui a été plus malchanceux que d’autres et qui comprendra peut-être mieux l’impact de ses gestes à partir de maintenant.

Je me suis servie du malheur des uns pour donner une leçon à mes enfants.

Seulement, l’humain est humain et apprend souvent mieux de ces propres erreurs.

Je n’ai pas de solution miracle, pas de message d’espoir.

Je me croise les doigts pour que les épreuves qui forgeront mes enfants ne soient pas des accidents avec blessés graves, des homicides involontaires ou encore des overdoses.

2004, Natacha, 31 ans, ANOREXIQUE novembre 5, 2007

Posted by natacha34 in Drame, Ma vie à moi, Quotidien, psychologie.
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Cette semaine, à Canal Vie, on présente le film: “La peau et les os…après”.  Je ne l’ai pas écouté au complet, mais je m’y suis arrêtée, alors qu’une femme expliquait qu’à 25 ans, elle avait eu une phase où elle ne pouvait plus s’alimenter. Elle savait qu’elle mettait sa santé en péril, elle souhaitait manger et elle ne se trouvait pas nécessairement grosse. Par contre, son corps se refusait à absorber du solide et elle ne pouvait qu’ingurgiter de la nourriture liquide avec une paille. Elle avait peur de s’étouffer.

J’ai été surprise d’apprendre que c’était aussi considéré comme de l’anorexie. J’ai été effrayée et tourmentée.

2004, Natacha, 31 ans, anorexique

Après une année difficile, après l’abus de marijuana, la perte d’appétit, le manque d’énergie et la continuelle envie de pleurer, j’ai, pendant près d’un an, mangé comme un oiseau.

Je ne mangeais rien jusqu’à 11 h 00, parfois même jusqu’à 13 h 00. Puis, quand je me sentais étourdie, j’avalais une banane écrasée et un grand verre de lait. C’est tout ce que je pouvais accepter. Mon prochain repas, le souper, consistait, à avaler le tier de ma portion, qui était déjà le tier de ce que je m’aurais servi auparavant.

Ce manège a duré près de six mois. Je suis passée de 160 livres à 108 livres en quatre mois. Physiquement, je ressentais des troubles;  arythmie, maux d’estomac, étourdissement. Psychologiquement, c’était la noiceur.

Ma mère et ma soeur me disait que j’étais anorexique, je le prenais à la blague.

Je ne me trouvais pas trop mince, je me faisais une joie de porter les vêtements de ma fille…de douze ans. J’étais plutôt satisfaite de voir que j’avais le contrôle sur ma consommation de drogue, puis sur ma consommation de nourriture.  J’ai vomi quelques fois, après de plus copieux repas. Je me mettais à culpabiliser, à me dire que j’avais trop manger, je me sentais mal, j’avais l’impression que mon estomac allait exploser.  Je n’avais pas besoin de me faire vomir, mon corps avait un haut-le-coeur.

Je me suis fait vomir, une fois ou deux. Je ne considérais pas que j’étais anorexique, je me disais simplement que je le faisais pour me sentir mieux parce que j’avais trop mangé et que je serais soulagée.

Faut-il être malheureuse, faut-il avoir l’impression de glisser vers le bas? Faut-il ne pas reconnaître sa valeur? Pour avoir besoin de se punir ainsi.

J’ai remonté la pente tranquillement, je me suis accrochée, pour mes enfants.

Ma capacité à trouver le bonheur dans les petites choses, à dédramatiser, à pardonner et à regarder vers l’avant m’a été d’un grand secours.

J’ai parfois fuit vers l’avant pour ne pas avoir à mettre des mots sur mes douleurs, ce n’est pas toujours la solution idéale, mais c’est celle que j’ai choisie.

J’ai refusé de prendre des médicaments contre la dépression, des médicaments pour retrouver l’appétit, pour dormir. Par orgueil et par besoin de ne pas émettre de diagnostic.

Je vais mieux. Je me sens mieux. Je me sens plus forte, bien que parfois je sente que le sol pourrait encore se dérober sous mes pieds, si je recommencais à ne pas être à mon écoute.

Je pense avoir perdu, en chemin, mon énergie d’antan, j’ai par contre gagné en sagesse. Je sais avoir gardé des séquelles. Je sens que ma capacité à me concentrer, ma mémoire et ma vivacité d’esprit ont été attaqués irrémémidiablement.

J’ai malgré cela, encore une intelligence de loin supérieure à la moyenne!!!

L’estime de soi, une priorité fondamentale octobre 12, 2007

Posted by natacha34 in Drame, Opinion, sexe.
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Sur le pas de la porte, elle s’est écroulée, après tant d’effort pour arriver à destination, elle se sent défaillir à la ligne d’arrivée. Incapable de se relever pour atteindre la poignée, elle gît en position fœtale sur le bois humide du balcon de la maison familiale. Une maille continue de grimper le long de son collant, attaqué dans la chute, par un clou. Ses cheveux cachent son visage et la protègent de l’aveuglant lampadaire. Des dizaines d’insectes tournoient et bourdonnent, berçant le demi-sommeil de l’adolescente de quinze ans. Ce n’est pas tant l’alcool qu’elle a ingurgitée sans compter, ni la petite pilule bleue qu’on a déposé sur sa langue au cours de la soirée qui l’ont étourdie. Elle est soûlée par la quantité de queues qui ont pénétré son corps et fouillé ses chairs sans délicatesse et sans réserve. Dégoûtée, anéantie, fatiguée, son introspection se résume à un mot, POURQUOI?  Elle arrête vite son cerveau de chercher. La vérité serait plus souffrante que le monde qu’elle se crée.  Ses forces l’ont totalement abandonnée pour un temps et elle se soulage, sans bouger. Elle sent son urine chaude couler sur le haut de ses cuisses.  Le sentiment d’inconfort est atténué par l’intense plaisir de sentir sa vessie se vider.. 

Il est 4 h 00, le jour va bientôt se lever. Elle se donne encore quelques minutes pour se recomposer. Pour élaborer son argumentaire face à ses amis et leur jugement.

 Elle se façonne un personnage de marginale libre, d’avant-gardiste, de jouisseuse, de frivole libertine et d’audacieuse affirmée. Au matin, au moment où elle regagnera péniblement son lit, sa soirée sera devenue un souvenir qu’elle racontera fièrement pour prouver à tous qu’elle se fout des conventions et de l’opinion publique. Elle se vantera de sa sexualité originale. Elle sera la seule à connaître le profond malaise, la marque indélébile, le sentiment de honte immense enfoui sous sa carapace pour ne pas s’ouvrir les veines devant sa déchirante quête d’amour.  Elle oubliera sa déchéance.  Un soir prochain, où son estime sera au plus bas, elle suivra encore les sentiers obscurs où profiteurs,  manipulateurs et dépendants affectifs du même type qu’elle, lui donnent l’espace d’une baise, l’impression d’être quelqu’un.

Croire sa fille mourir quelques secondes dans ses bras. octobre 5, 2007

Posted by natacha34 in Drame, Ma vie à moi, famille.
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La vie prend parfois plaisir à vous  bousculer, à anéantir vos repères et à vous projeter dans un univers totalement inconnu, où elle vous regarde évoluer selon vos capacités physiques et émotionnelles propres.

Sans avertissement, sans possibilité de refus, vous êtes alors propulsés dans un match d’improvisation où vous devez donner votre meilleure performance pour espérer gagner.

À l’occasion, vous perdez malgré tout. Au match de la vie, chaque manche a ses règlements que vous ne connaissez pas et il n’y a que la vie, qui décide du moment où la partie se termine.

Mercredi soir, je suis à la maison avec mes trois enfants. Seule.

Petite soirée tranquille. Je suis heureuse, nous avons mangé tôt et je peux relaxer, dans une maison que j’ai eu le temps de ranger.

20 h 30, l’heure du couchée a sonné pour mon plus jeune. Je monte avec lui. Routine. Trois chansons, une gorgée d’eau, un gros câlin et un “bonne nuit, à demain”.

21 h 00, mon enfant sandwich trouve que ma plus grande a trop de privilèges, elle est fâchée, elle bougonne et décide de monter à sa chambre pour écouter un peu la télévision avant de s’endormir.

22 h 00, Mon adolescente monte enfin se coucher, je vais pouvoir attendre tranquillement mon homme qui revient de Montréal en fin de soirée. Je vais terminer de plier les vêtements devant la télévision et profiter de ses quelques minutes de solitude, si rare.

22 h 15 IMPROVISATION MIXTE qui a pour thème: “Quand j’ai cru que ma fille mourrait dans mes bras

Je suis dans le salon, fenêtre ouverte, la soirée est douce et j’ai besoin d’air pur. J’entends un cri, un long cri.  J’habite le “bronx” de Québec, les cris, dans mon quartier ne sont pas inhabituels. Je continue à regarder la télé, pendant que les serviettes pliées envahissent de plus en plus le sofa.

22 h 16 Ma grande m’appelle du grenier, la panique dans sa voix me fait monter les escaliers au pas de course. Elle me dit: “maman, viens vite”.

22 h 16 : 30 Je suis dans la chambre des filles et ma grande me dit: “maman, réveille ma soeur, elle fait un cauchemar, pauvre petite”.

22 h 16 : 35 J’ouvre la lampe de chevet et je me retourne vers ma fille. Vision d’horreur. Elle est couchée sur le côté, ses yeux sont révulsés, elle bave abondamment, on dirait qu’elle va vomir, sa respiration est difficile et parfois absente. Je garde mon calme, j’essaie de la réveiller, je lui presse l’épaule et je l’appelle, aucune réaction, sauf ses petits mouvements brusques et ses respirations affreuses.

22 h 17 Je panique. Je relève sa tête, je la tiens contre moi, pendant quelques secondes, je pense voir mourir ma fille dans mes bras. Je demande à ma grande de descendre chercher le téléphone. Elle pleure, elle a peur, elle est sous le choc. En aucun temps je pense à l’épilepsie. Aucun recul.  Je ne veux qu’une chose, que ma fille se réveille.

22 h 17 : 15 J’essaie encore de la réveiller, il n’y a rien à faire. Elle est totalement absente. Ses yeux s’ouvrent, se ferment. Elle est inerte.

22 h 17 : 20 Je compose le 911, je suis transférée au service d’urgence, on me demande mon adresse.

22 h 17 : 25 J’explique la situation à l’opératrice.

Quand je lui dis que je n’arrive pas à réveiller ma fille, elle me demande: “Mais pourquoi vouliez-vous la réveiller”. J’ai envie de la traiter de conne. ” Je ne voulais pas la réveiller, je suis montée parce que mon autre fille a senti que sa soeur avait un problème”.

22 h 17 : 30  L’opératrice me pose des questions et me donne des trucs pour essayer de réveiller ma fille.

22 h 17 : 40  Claquer des mains fortement près de ses oreilles – NÉGATIF.

22 h 17 : 50 Frotter son sternum avec mes jointures – NÉGATIF.

22 h 18 Pincer ses ouïes – Je sens une petite réaction, elle semble revenir à elle, je lui parle, lui demande si elle est réveillée, elle a le regard hagard, elle ne me répond pas.

22 h 18 : 30 Elle me fait un petit signe de tête, puis elle semble reperdre conscience.

22 h 19 Elle ouvre les yeux et je lui demande de me parler. Elle marmonne, elle est incohérente, mais elle est plus calme, je sens que le pire est passé.

22 h 25 Les ambulanciers sont là, je suis soulagée, j’ai l’impression qu’enfin je ne suis plus seule, mon impuissance sera palliée par la compétence des professionnels.

22 h 30 Mon homme arrive de Montréal, je le vois dans l’encadrement de la porte et mes muscles se décontractent encore un peu.

Je ne vous raconterai pas le passage à l’urgence, la gentillesse, le service et l’empathie des gens, je ne vous raconterai pas la rapidité de réaction, l’efficacité des techniciennes et leur intérêt pour la patiente, je ne vous raconterai pas la facilité à rencontrer un neurologue du service pédiatrique du C.H.U.Q., je ne vous raconterai pas l’attention portée à ma fille. Je vais simplement vous dire qu’encore une fois mon expérience me porte à croire que nos services de santé ne sont pas aussi pourris qu’on nous le raconte dans les médias et que parfois la porte d’entrée est peut-être un peu longue à ouvrir, mais qu’une fois à l’intérieur, on est pris en charge et on se sent en confiance. Je pourrais vous le raconter, mais je paraîtrais sans doute trop positive, voir naïve.

J’aurais aussi envie de vous parler de ma crainte la nuit dernière, de mon envie de dormir près de ma fille, de mon désir de vérifier son sommeil toutes les quinze minutes, de mon idée de me procurer un moniteur, comme pour les bébés et de mon chum, toujours là, toujours tranquille, patient, prodiguant ses bons conseils.

Mais je ne vous en parlerai pas, parce que je sais que c’est complètement irrationnel. Je dois me battre contre ce sentiment et ne pas surprotéger mon enfant. Je dois lui permettre d’avoir une vie normale. Je dois l’aimer assez pour ne pas l’étouffer.

Je pourrais vous parler de tous les sentiments et les émotions qui se bousculent dans la tête d’une mère qui voit son enfant mourir dans ses bras, mais ma fille n’est pas morte. Elle m’a fait une frousse terrible.

J’ai gagné ce match haut la main, j’ai gardé mon sang froid tout en permettant à mes émotions de s’évacuer.

À quand le prochain duel contre la vie?

ET SALOPE DE VIE, j’aime ma fille. je n’avais pas besoin de cet incident pour le savoir.

Dans les yeux de ma fille, j’ai cru voir que ma peur, ma peine et mon dévouement lui avaient confirmé mon amour. Je pleure de savoir qu’elle doute, je m’en veux de ne pas toujours être aussi disponible pour elle autant que pour les deux autres, elle semble si souvent avoir moins besoin de moi, que je choisis la facilité.

J’ai cru ma fille sur le point de mourir et j’ai vu que quelque chose mourrait en moi.